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11.02.2007
Folksonomie
J'ai rencontré Huguette de Lambrerie née Bernière de la Jolly alors que je revenais d'une formation professionnelle intitulée "folksonomies". Elle a cru mal entendre, m'a fait répéter, (vous avez essayé de prononcer folksonomie quand vous êtes enrhumée?) puis un peu intriguée m'a demandé de lui expliquer simplement la signification de ce terme étrange.
Donc, chère Huguette, voici quelques pistes de réflexion au sujet des folksonomies. La folksonomie c'est l'art de coller des étiquettes. Mais attention, pas n'importe comment. Par exemple, lorsque vous dites "Cette punaise de Madame Gaspard", vous commencez à faire de la folksonomie. En revanche, Plume qui pratique l'art délicat de la peinture patate alliée au collage de gommettes dans une perspective artistique rare, là ce n'est plus de la folksonomie, c'est peut-être de l'art...
Depuis toujours, les gens font de la folksonomie sans le savoir. Ranger ses photos dans des boites à chaussures avec des étiquettes par sujet, classer ses factures, créer un index pour ses recettes de cuisine… Aujourd'hui, rien n'a changé, les gens (folks) ont pris l'habitude de coller des étiquettes (des tags disent-ils parce que ça fait initié) pour tout ce qu'ils entreposent sur le web. Ce qui a changé, c'est le vocabulaire : les boîtes à chaussures pour ranger les photos s'appellent Flickr, les journaux intimes s'appellent blogs et les listes de bonnes adresses s'appellent del.icio.us, etc…
L'intérêt de ces étiquettes, c'est de pouvoir retrouver facilement ce qu'on a rangé sur le web, ses photos, ses petites notes, ses adresses, mais aussi de les faire partager à plein d'autres personnes (folksonomie) qui auraient les mêmes centres d'intérêts. Pour ce blog : vélo, voyage à vélo, cyclocamping, vélo urbain sont des étiquettes (des tags) qui parfois accrochent des gens de passage (sérendipité : trouver quelque chose d'intéressant de façon imprévue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier).
Pas mal, mais avec parfois de petits inconvénients. Cet été, nous avons fait un voyage à vélo au Pays-Bas. J'ai étiqueté toutes mes notes "Hollande". Bon je n'ai pas beaucoup réfléchi sur le coup, mais quand j'ai retrouvé mes notes au même plan que d'autres notes dont le sujet était disons, plutôt politique, ça m'a fait rigoler. C'est qu'en folksonomie, il n'y a pas vraiment de règles, ni de syntaxe, pas de dictionnaire ni de grammaire.
Vous allez me dire : pourquoi une formation pour apprendre à coller des étiquettes? Surtout au regard d'une pratique où chacun fait ce qu'il veut. Disons que l'on touche à un point sensible pour les professionnels de la documentation. Inquiétude devant le succès d'une pratique qu'ils exercent eux depuis longtemps, mais de façon structurée sous le terme d'indexation avec des vocabulaires contrôlés, des thésaurus etc…Donc besoin de réfléchir à ces pratiques d'amateurs : sont-elles concurrentes ou complémentaires des pratiques professionnelles? Est-il souhaitable de proposer aux usagers des bibliothèques, la possibilité de coller des étiquettes sur des ressources déjà indexées par des professionnels (par exemple les catalogues informatisés)?
Chère Huguette, si votre curiosité vous pousse à en savoir plus (et pour ceux qui se sont égarés ici parce que j'avais étiqueté ma note d'aujourd'hui folksonomie), voici une liste de liens professionnels :
Office québécois de la langue française. Le grand dictionnaire terminologique
Folksonomie, Wikipédia
SERRES, Alexandre. Introduction à l'indexation, URFIST Bretagne-Pays de Loire, 2006
LE DEUFF, Olivier. Folksonomies : les usagers indexent le web, BBF 2006, n° 4
ERTZSCHEID, Olivier. Folksonomies : la communauté comme indexeur, Affordance, 2006
13:10 Publié dans Pension des Violettes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : folksonomie, bibliothèques






Commentaires
et bien bonjour et merci ...
je ne range pas grand chose mais je viens de découvrir un nouveau terme ...bon je vais aller voir Huguette , elle est , à priori , aussi inculte que moi , c'est rassurant
très bon Dimanche ...
Ecrit par : bernard | 11.02.2007
Chère Madame,
Quelle clarté ! Moi-même, qui ne me sert (laborieusement) d'un ordinateur que depuis quelques mois et qui suis née à une époque où la TSF était le nec plus ultra de la technologie, je crois avoir presque compris de quoi il s'agissait.
Ainsi donc quand j'ai mis hier le site Damart (http://www.damart.fr) dans mes favoris à la rubrique "sous-vetements confortables et vêtements chauds", j'ai fait un tag !!!! Mazette, moi qui il y a un an encore ne savait même pas ce qu'était Internet (ou plutot je croyais suite à un reportage que j'avais vu chez Jean-Pierre Pernaut que c'était une chose dégoûtante que les messieurs utilisaient pour aller voir des photos de femmes dépoitraillées...) maintenant je fais des tags... Mais ça m'inquiète un peu car mon petit-fils Kevin s'est fait renvoyé deux semaines l'année dernière de son lycées pour avoir fait des tags...
Par contre, votre Folksonomie je ne vois pas du tout l'intérêt : je n'ai aucune envie de partager mes tags avec la Gaspard. Déjà qu'elle passe son temps à m'espionner aux Violettes, si en plus elle fouille dans mes tags, je dis non...
Sinon pour vous donner de mes nouvelles et expliquer mon relatif silence actuel, sachez que depuis quelques temps, j'expérimente ici aux Violettes ce que vous appelez la "serendipité", j'ai trouvé une chose intéressante que je n'attendais plus du tout et que je cherchais encore moins... Mais je n'en dirais pas plus, certaine personne dont le fils ne vient jamais la voir serait trop contente d'assouvir leur très grande indiscrétion...
Bon je vous laisse je vais aller faire quelques tags... Passez mon bonjour à votre monsieur et dites lui que j'ai bien ri en découvrant la note sur les violettes des grands boulevards
Huguette
PS : ce soir je vais essayer d'expliquer votre folksonomie à Mme Gringoire. Déjà que lorsque je parle de mes favoris, elle croit que je parle d'une sorte de harem, cela devrait être une discussion assez poilante comme disait l'Abbé.
Ecrit par : Huguette de Lambrerie née Bernière de la Jolly | 11.02.2007
Allo ? Allo ? Y a quelqu'un ? Vous m'entendez ?
Bon je vais faire comme si vous m'entendiez... je suis Madame Gringoire, l'amie et la cousine remuéé de germain de Huguette ( c'est à dire que la maman d'huguette son papa c'était le frère de la maman de mon papa). Voilà Huguette, elle m'a parlé de cette dame pas très équilibrée avec un nom bizarre , la "Folle Quesonomy"... j'ai pas tout compris : cette dame elle se promène et elle coud des étiquettes dans le dos des gens pour ensuite pouvoir les partager avec des amies ? Mais partager quoi ? Elle les mangent pas quand même ? Et puis vous vous trouvez qu'abimer les vetements des autres c'est très malin... ah vraiment quelle drôle d'époque...
Bien à vous
Mme Gringoire
ch 426 -
Les Violettes
Ecrit par : Madeleine Gringoire | 11.02.2007
Chère Huguette,
Vous avez raison de poser la question. Pourquoi partager avec les autres ses tags ? Quel est l'intérêt ?
Lorsque vous pensez "Cette punaise de Madame Gaspard", vous le gardez pour vous et ça c'est très charitable. Mais lorsque vous le dites à la voisine de la chambre 426, qui se chargera de le diffuser à toute la Pension des Violettes, quel est votre intérêt? Disons que c'est pareil pour les tags, on ne sait pas trop quelles sont les motivations des gens à partager leurs tags, mais ils le font quand même. Certains parlent d'indexation collaborative, de constitution de réseaux sociaux grâce aux tags. A la vérité, l'intérêt des tags pour de simples internautes comme nous me semble assez limité.
Mais des professionnels de certains domaines y trouvent peut-être leur intérêt : gain de temps, repérage d'information, veille documentaire, etc...
Alors taggez (taguez?) si ça vous amuse et faites en profiter les autres...
Ecrit par : Annegabrielle | 12.02.2007
Ah j'oublie un truc : à ma connaissance, poser des tags sur le web n'est pas interdit ni par la morale, ni par l'Eglise, ni par la police. Mais je ne voudrais pas que vous ayez des ennuis, il serait peut-être prudent de vous renseigner auprès des autorités de votre établissement.
Ecrit par : Annegabrielle | 12.02.2007
Ca c'est drôle... Je viens justement de lire un compte-rendu d'une de mes collègues qui était à la même formation folksonomie! Je n'ai pas pris le temps de bien regarder, préférant aller me détendre sur mon blog préféré qui parle de mon autre centre d'intérêt: le vélo! Et qu'y vois-je? Je suis donc poursuivie et bien obligée de m'y mettre, on dirait. Il paraît que lors de cette formation, vous avez entendu qu'Internet a réduit le monde à la dimension d'un village: je confirme.
Comment adapter cet "art" au monde du vélo? Ces étiquettes ne nous serviraient-elle pas aussi sur nos boites à outils?
Ecrit par : Marie, cycliste orléanaise | 12.02.2007
Visiblement je n'avais prévu les dommages collatéraux et mentaux des folksonomies.
Apparemment les folksonomistes se disputent quant à l'emploi des tags adéquats pour le vélo d'Huguette.
Voici quelques uns des tags choisis qui démontre une pratique métonymique du tag :
"Jeanne Calment"
" bicyclette autrefois bleue"
"vieille Paulette"
"titacycle"
"chûte dans le varin"
" dégonflée"
" roulette russe"
"déchetterie ambulante"
Voilà qui rassure sur l'imagination des folskonomistes.
Les mauvaises langues surnomment Huguette, la fiancée de Floyd depuis une performance exceptionnelle dans une descente de côte...du Rhône!
Ecrit par : OLD | 15.02.2007
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