07.11.2007
Le culte de l'amateur

Le livre que je lis en ce moment est intéressant à l'heure où l'on parle de la responsabilité éditoriale de Wikimédia.
L'auteur de ce livre, Andrew Keen fait entendre une voix à contre-courant qui dénonce l'amateurisme des internautes contribuant à diffuser une information peu vérifiable sur les blogs, les wikis, etc ...
D'après l'auteur, le niveau de création sur YouTube par exemple est affligeant. Pire, les professionnels de la création littéraire, artistique, cinématographique ne peuvent plus se faire connaitre au milieu de la cacophonie engendrée grâce aux outils du web 2.0
Qu'est devenu le web? un gigantesque dortoir où des internautes en pyjama écrivent n'importe quoi sans se soucier de vérifier leurs sources. Des singes ne feraient pas pire. Alors là c'est vrai, je suis en pyjama (parce que je ne bloggue pas sur mon lieu de travail), mais je suis une vraie personne et je ne revendique pas du tout le titre de journaliste. Celui qui veut me lire .. me lit, et celui qui préfère lire le Monde ... lit le Monde.
D'ailleurs, je rends aux experts ce qui leur revient, j'ai découvert ce livre grâce :
à Pierre de Gasquet : "Le culte du blog et l'angoisse des experts", Les Echos, 12-09-2007, p. 14
et Bertrand Le Gendre : "Internet ou le culte de l'à-peu-près", Le Monde, 12-09-2007
Pour vérifier mes sources, vous n'avez plus qu'à vous rendre dans votre bibliothèque préférée, demander s'ils sont abonnés au Monde ou aux Echos, demander s'ils ont conservé les numéros en question, ou mieux leur demander s'ils ont acheté la version en ligne des Echos ou du Monde. Et aussi, leur suggérer d'acheter : "The cult of amateur" si vous avez envie de le lire. Parce que si jamais, le livre ne répond pas à vos questions, vous aurez perdu 19,67 euros.
Enfin, Andrew Keen cite Al Saracevic, du San Francisco chronicle :
"In America, bloggers don't go to jail for their work, that's the difference between professionals and amateurs." C'est-ce qui fait la différence entre un journaliste professionnel et un amateur? Ouf, je suis sauvée, je peux aller travailler (à vélo) dans la vraie vie.
09:15 Publié dans Lectures en cours | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bibliothèques






Commentaires
moi je le trouve de mauvaise foi et prétentieux.
La vérité c'est qu'il n'y a pas d'amateurs. Il y a des gens c'est tout. Certains sont des professionnels, d'autres des clients, d'autres des profs, ou je ne sais quoi encore mais ce sont des gens qui discutent et échangent.
bref beaucoup de bruit pour rien.
http://jdumetz.free.fr/2007/07/la-peur-du-web-20-la-fin-de-la-culture.html
Ecrit par : Joseph | 21.11.2007
Oui je suis d'accord : beaucoup de bruit pour rien. Le bouquin est finalement décevant. J'espérais y trouver des arguments convaincants pouvant justifier la thèse de l'amateurisme, mais je n'ai rien trouvé à part quelques anecdotes.
Pour moi le web est juste un nouveau média qui concurrence les autres médias. La TV a concurrencé la radio, la presse écrite, le web concurrence les médias en place et d'autres médias sont certainement à venir.
Je n'ai pas fini la lecture de ce livre, mais l'auteur ne décrit le web que comme un ensemble de qualité très médiocre, alors que l'on trouve par exemple en accès libre des bases de données de niveau scientifique sous le nom d'archives ouvertes (HAL, Persée, Revues.org en langue française, et d'autres...). Si l'on sait chercher, on peut trouver de l'information de qualité. Je crois que l'enjeu est vraiment là : comment les internautes se forment-ils à la recherche sur le web? et dans quel but?
Chercher la météo, les horaires de train ou chercher des informations pour un exposé, se distraire ou s'autoformer. Les enjeux ne sont pas d'égale importance. Que les prévisions météo s'avèrent peu fiables c'est embêtant, si l'on rate son train, c'est plus gênant, etc...
Personnellement, j'utilise le web pour de l'autoformation et j'ai plutôt progressé de ce côté là.
Merci pour le lien qui m'a fait découvert votre blog.
Ecrit par : Anne | 21.11.2007
de rien Anne les blogs c'est justement fait pour discuter, ce que évidemment n'est pas vraiment possible dans un livre, les blogs c'est un e-mail publique. Andrew Kane connait internet depuis longtemps c'est pour ça que je le soupçonne d'avoir fait un livre de mauvaise foi parce que cela se vendrait mieux.
Le vrai problème que pose internet c'est que les gens sont beaucoup plus exigeants qu'avant et pas moins comme le laisse entendre Kane. Il dit qu'on va vers une culture du médiocre parce que les bon professionnels n'auront plus d'argent et que ceux qui auront l'argent ce seront les médiocres amateurs. C'est faux. Les gens sont de plus en plus exigeants. Après la question de la façon dont les bons professionnels feront de l'argent est une vraie question, mais qui n'a pas une seule réponse.
Le journal que E Plenel veut lancer l'an prochain est un projet intéressant par exemple: prendre de très bons journalistes de terrain et faire un journal payant sans pub sur internet. C'est l'inverse du choix fait par beaucoup de faire des économies sur la rigueur journalistique et de faire une course à l'audience pour maximiser la publicité. Est ce que les gens vont acheter? est ce que la qualité sera vraiment bonne?
on verra bien.
Ecrit par : Joseph | 21.11.2007
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