Vu dans le Nouvel Obs n° 2193 daté du 16 novembre 2006:
"Délit de lenteur
Gabrielle Rolin, 80 ans, journaliste et écrivain tout juste remise d'une opération à cœur ouvert, en a eu le souffle coupé. Alors qu'elle traversait dans les clous l'avenue du Maine à Paris pour aller acheter son pain, un agent de la circulation a cru bon de la verbaliser pour "marche irrégulière". Montant du PV : 4 €. Si le troisième âge se met à entraver la circulation, on n'en a pas fini avec les bouchons."
Où va-t-on ?
Quand la société défend le plus fort (l'automobiliste) face au plus faible (l'enfant, le piéton, la personne âgée) peut-on encore se dire dans un pays civilisé ?
L'histoire ne dit pas ce qu'il est advenu de l'agent, mais une mise à pied (au propre comme au figuré et avec obligation d'utiliser des béquilles pour se déplacer dans Paris pendant une quinzaine de jours) me semblerait une bien légère peine pour un acte aussi vil. A moins qu'il n'ait fait qu'appliquer les ordres de sa hiérarchie ?
Après le permis piéton mis en place dans nos écoles, va-t-on mettre en place le permis de traverser les rues pour lequel toute personne ne pouvant parcourir 25 m en moins de 12 secondes sera interdit de traversée de rue ?
Heureusement il semble encore rester parmi les forces de l'ordre quelques personnes sensées qui n'hésitent pas à défendre le plus faible face à l'agression des holligans ou des automobilistes.
En tous cas, j'ai une pensée émue pour Madame Huguette: si vous aussi usez de la lenteur propre à votre âge pour vous déplacer, prenez bien garde à vous quand vous traversez nos rues Poitevines et surveillez bien que nul agent ne se trouve à proximité !