Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Apporte ta pelle

    pelletin_modifi%C3%A9.jpg

  • A bicyclette

    La bibliothèque universitaire d'Angers annonce sur son blog la mise en service d'un parking à vélos sécurisé de 200 places à compter du 24 janvier : des places abritées et sécurisées, accessibles 24h sur 24. Très bonne nouvelle pour les étudiants et le personnel de l'université d'Angers : imaginez le confort de pouvoir laisser son vélo une nuit sur le campus en cas de pluie, prendre le bus l'esprit tranquille en sachant que le vélo sera encore là le lendemain. Le même blog propose aussi une sélection de documents à lire sur le vélo pour motiver ceux qui ne seraient pas convaincus. Je suis un peu perplexe devant certains choix de cette sélection supposée refléter le thème "vélo et circulation douce".

    "Les accidents de bicyclette chez l'enfant et la prévention..." ou "l'insécurité routière : les accidents de la route sont-ils une fatalité?" "Chute de vélo" ou encore "Le voleur de bicyclette" sont des titres qui font partie de la sélection. Quant à "Le vélo tout terrain dans les stations et sites de ski alpin et nordique", là je ne vois plus du tout le rapport. Sans être une grande spécialiste, si je peux me permettre, je peux suggérer plein d'autres titres plus convaincants.

    Commencer par le très beau texte de Michel Serres qui a servi de préface au livre "A vélos citoyens" à lire sur le site velocitoyen.org/livre.

    livre.jpg

    Aller voir ensuite du côté de la philo ou de la littérature "Petits cycles de bonheur" de Pierre-Louis Desprez ou "Petite philosophie du vélo" de Bernard Chambaz,  feuilleter pour le plaisir la bande dessinée coréenne "La bicyclette rouge" de Kim Dong Hwa.

    41ZZMFPW0ZL._SL500_AA300_.jpg

    Consuter "l'anti-manuel du cycliste urbain" de Hugues Serraf qui réfute l'idée que le cyclisme urbain soit un mode de transport paisible (postface de Maître Eolas). Continuer avec les récits du journaliste à vélo, Raphaël Krafft qui a écrit 2 livres relatant ses reportages à vélo "Un petit tour chez les français" (pendant la campagne présidentielle de 2007) et "Un petit tour au Proche-Orient" (carnet de route 2008). Ne pas oublier le Journal d'un lecteur de JP Brèthes : récit d'une randonnée de cyclo-lecture que l'auteur a accompli en Poitou-Charentes et Aquitaine.

    Approuver l'échappée belle de Pierre Thiesset qui a quitté les bancs de la fac, enchaîné sur un CDD, puis un tour d'Europe à vélo de 6000 kms avant retour... sur les bancs d'un amphi pour apprendre le métier d'éditeur. Et retrouver sur son blog la liste des livres vélorutionnaires et antibagnoles qui l'ont inspiré avant sa "petite" virée à vélo de 6250 kms ...pour casser le cycle infernal : boulot, conso, vidéo, dodo... dit-il.

    Penser à tous les auteurs de récits de voyage à bicyclette : Sylvain Tesson, Claude Marthaler, Matthieu Monceaux, Christelle Savoye, ...

    Manque d'inspiration? Consulter le catalogue de Pignon sur Rue, ou Bibliocycles, ou encore la bibliographie établie par Hervé le Cahain.

     

     

  • Mr le Président, je vous fais une lettre

    Mr le Président de CycloCamping International, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être...

    Mais vous ne me connaissez probablement pas... je suis l'ouvreuse au festival du voyage à vélo organisé par l'association dont vous êtes le président. Forcément parmi la centaine de bénévoles qui assurent la restauration, la technique, la mise en place des stands... vous ne pouvez pas connaitre tout le monde. 

    Dans l'équipe des agents d'accueil, nous sommes 4 ouvreurs-ouvreuses. Notre boulot (Jean, Daniel, Charles et moi-même) c'est de contenir la foule impatiente de rentrer dans la salle avant chaque projection, de les faire patienter en attendant que la technique fasse les derniers réglages, puis d'ouvrir les portes et de déchirer les billets d'entrée. A ce propos, nous avons eu un grand débat, cette année : faut-il conserver le talon du billet ou le billet lui-même? N'ayant pas reçu d'instructions à ce sujet, il en a résulté un certain désaccord dans notre équipe entre les partisans du talon, et les partisans du billet. Même les spectacteurs très attentifs nous l'ont fait remarquer : "Tiens cette année vous prenez le billet au lieu du talon? l'année dernière c'était l'inverse". Certains ont même un peu protesté car ils collectionnent les billets d'une année sur l'autre. Dans ce cas, si je peux me permettre, je vous suggérerai bien d'y imprimer une jolie vignette pour les futurs festivals.

    Très important aussi, nous devons être attentifs à ne laisser rentrer aucune boisson, ni nourriture dans la salle. Là-dessus, je suis intraitable, pas un gobelet de café ne rentre dans la salle de projection et il n'y a pas d'exception même pour les personnes invitées ou les CCistes qui me connaissent et tentent de contourner le règlement.

    Bien que notre rôle puisse être relativement méconnu, nous avons un excellent poste d'observation sur la vie du festival.

    Les spectateurs, nous commençons à les connaitre dans l'équipe. Moi par exemple, trois ans que je suis ouvreuse, et je peux vous dire qu'ils sont très fidèles. Ils reviennent d'une année sur l'autre en famille, en groupe d'amis, plus rarement seuls, souvent avec les mêmes blagues : "Gente dame, je voudrais un fauteuil d'orchestre" ou "Vous avez pas vu ma femme?" (parmi les 400 personnes qui viennent de rentrer?), "ça a déjà commencé?"(quand la projection a commencé depuis 25 minutes)... Mais bon dans l'ensemble, ils sont réellement contents d'être présents sinon comment expliquer qu'ils reviennent aussi fidèles d'année en année? Certains nous confient leurs projets de voyage et nous en profitons pour les mettre en relation avec d'autres CCistes ayant fait un voyage similaire.

    A ce poste, nous rendons tout un tas de petits services. Par exemple, la consigne "Vous pouvez me garder ma valise quelques instants?" (ou mes livres, ma bière, mon sac à dos, mes sacoches de vélo)  Nous acceptons, forcément car la place est un peu limitée entre les stands, alors se trimbaler en plus une paire de pneus ou des sacoches de vélo que l'on vient d'acheter, c'est pas facile. Nous renseignons beaucoup aussi : les toilettes, la restauration, les points-rencontres, les débats...

    Enfin, je m'inquiète un peu de notre avenir et c'est la raison de cette lettre. Dans nos métiers, on nous remplace de plus en plus souvent par des machines sous prétexte de gagner en efficacité. Vous qui avez le pouvoir d'influencer les décisions du comité d'organisation du festival, j'espère que vous serez vigilant à ne pas vous laisser séduire par ces nouveaux modes d'organisation qui privilégient l'efficacité au détriment du contact humain. Car sachez-le, ces brefs instants d'échange sont précieux.

    Malgré les pancartes affichées partout, malgré les programmes distribués en grand nombre, on vient régulièrement nous demander de vive voix si la salle de projection c'est bien ici, si la projection de 13h45 est bien à 13h45, si les toilettes sont bien là-bas, s'il reste des sandwiches à la restauration...

    Alors, Mr le Président, au moment de faire le bilan de ce 26e festival, je suis persuadée que vous aurez une petite pensée pour les déchireurs de billets, les poinçonneurs de tickets, les agents d'accueil et que vous nous réserverez encore une place dans les équipes des prochains festivals.