Etant donné que nous ne voyons que peu de choses dans la campagne actuelle sur un sujet qui nous tient à coeur, je me suis permis d'envoyer le petit courrier joint à notre futur(e) président(e).
Je ne manquerai pas de vous tenir informé des réponses ....
Mimi & Jolly
Lettre envoyée par mail ce mardi 27 mars:
Lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle Mmes MG. Buffet, A. Laguiller, S. Royal, D. Voynet et Mrs F. Bayrou, O. Besancenot, J. Bové, JM. Le Pen, F. Nihous, N. Sarkozy , G . Schivardi, P. de Villiers :
A l’heure de faire le choix d’un nouveau président pour la France et alors que les principaux sujets qui reviennent dans la campagne pour l’élection tournent autour des questions de Santé publique, de l’Environnement et de la Sécurité, un grand oublié de la campagne me semble être le « vélo utilitaire » qui sans résoudre tous ces problèmes, y apporterait une amélioration sensible sans un effort important de la nation.
En effet, si l’on se réfère aux nombreux rapports, colloques, journées d’études etc… sur le sujet ainsi qu’en particulier, au dernier rapport remis par Mme LE BRETHON en 2004 au premier ministre de l’époque Mr RAFFARIN, « Propositions pour encourager le développement de la bicyclette en France » , un usage de la bicyclette à titre utilitaire (trajet maison / travail, courses de proximité, petits déplacements …) a des effets positifs sur :
· la santé publique
Un usage même modéré du vélo, a des effets positifs sur l’obésité qui est présentée comme le futur fléau touchant la population française et qui déjà concerne près de 10 % de nos concitoyens.
Cet usage permet également de lutter efficacement contre les maladies coronariennes qui sont citées par les scientifiques comme une des premières causes de mortalité dans notre pays. Ainsi, l’usage régulier de la bicyclette contribue à une « réduction de 50% du risque de contracter une cardiopathie coronarienne » (source rapport Le Brethon).
Il est démontré que sur l’un des grands thèmes de santé publique qui fait la une des actions des gouvernements depuis de nombreuses années, à savoir le tabagisme, la pratique d’un exercice physique régulier, et le vélo au quotidien est l’un des moyens facilement utilisables, participe à rendre le sevrage au tabac plus facile et plus efficace.
Enfin, toutes les études le montrent, l’usage de la bicyclette au quotidien augmente le niveau moyen de la santé publique en réduisant le taux de cholestérol, augmentant les défenses immunitaires, réduisant le recours aux anxiogènes, réduisant le taux de suicides dans la population, réduisant le nombre de certains cancers etc.. etc…
Il est certain, au vu de ces études, que le trou de la Sécurité Sociale , dont chacun d’entre vous s’accorde à dire qu’il est de moins en moins vivable pour notre pays, s’il n’en était pas comblé, ne se porterait que mieux si nos concitoyens se mettaient à pratiquer un exercice minimum et le vélo utilitaire est une des réponses que l’on peut apporter avec un investissement réduit pour la nation.
· le développement durable
Les cris d’alarme des scientifiques du monde entier n’ont plus besoin d’être relayés pour que chacun sache que nous ne pouvons plus continuer ainsi à maltraiter la terre sans aller au devant de catastrophes dont nul ne peut prédire l’ampleur mais que tous certifient imminentes. Et les transports constituent une part important de l’empreinte négative qu’apporte l’homme sur son environnement.
Le transfert d’une partie des transports journaliers de l’automobile vers la bicyclette permettrait de réduire sensiblement la pollution engendrée par ce mode de transport, notamment dans les villes, là où elle se fait le plus ressentir au quotidien.
Outre son côté évident de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation de la bicyclette répond également à la demande des Français de la réduction de la pollution sonore de nos villes, citée comme une des premières agressions ressenties par bon nombre de nos concitoyens. Il n’est que de voyager dans certains de nos pays voisins pour se rendre compte combien le déplacement de milliers de personnes peut se faire dans le silence en utilisant le vélo.
Et ceci sans prendre en compte l’effet militant généré par ce geste concret qui amène l’utilisateur du vélo à réfléchir au quotidien sur les autres impacts de ses actions.
Enfin dans ce domaine, l’usage du vélo participe à la réduction de la consommation énergétique de la France encore aujourd’hui soumise aux bons vouloirs des fournisseurs de pétrole.
· la sécurité routière
Par sa vitesse modérée, le vélo est un facteur de la diminution notable du nombre et de la gravité des accidents de la circulation en agglomération.
Le risque pour le piéton d’être tué dans un accident avec un vélo est sans comparaison avec ce qu’il est lors d’un choc avec une voiture.
L’usage du vélo en agglomération est donc un facteur important pour l’augmentation de la sécurité.
· Les dépenses d’infrastructures
Les infrastructures urbaines indispensables pour amener une part importante de la population à l’usage du vélo dans leur vie de tous les jours permettent une économie importante pour la collectivité si l’on compare à ce qui est fait aujourd’hui pour la voiture. Une piste cyclable protégée en ville coûte 0,2 à 0,5 M€ le km contre plus de 100 pour une autoroute urbaine, un parking abrité pour vélo coûte moins de 300 € l’emplacement contre plusieurs dizaines de milliers d’euros l’emplacement pour un parking sous-terrain à voitures, les frais d’entretien d’une piste cyclable sont sans commune mesure avec ceux d’une rue supportant les poids de centaines de voitures chaque jour, etc etc….
On voit donc que tous ces problèmes plus ou moins déclarés causes nationales ces dernières décennies, trouvent une partie de leur réponse en incitant simplement les Français à laisser leur voiture au garage le matin et à prendre leur vélo pour aller travailler ou faire les 500 m qui les séparent de la boulangerie !
Hors rien ou si peu n’est fait pour promouvoir ni favoriser le vélo utilitaire auprès de nos concitoyens :
· le rapport Le Brethon est resté lettre morte depuis sa remise début 2004
· la nomination d’un Monsieur Vélo a fait naître quelques espoirs mais à ma connaissance rien de concret n’a été mis en œuvre depuis cette nomination.
A contrario, on voit même l’Etat inciter à une utilisation encore plus intensive de la voiture, au travers des primes à la voiture propre, voiture moins polluante il est vrai, mais polluante tout de même et qui ne répond qu’à une partie des enjeux qui attendent notre pays et que tous les politiques annoncent à grand renfort de discours.
En sachant qu’un des obstacles majeurs à l’utilisation du vélo en ville est aujourd’hui l’insécurité à circuler et en particulier le danger que représente l’automobiliste face au cycliste, et au moment du choix possible entre une société construite sur le tout (ou presque) voiture en ville et une société s’ouvrant vers d’autres modes de transports, ma question sera donc très simple :
Si vous êtes élu au terme de la campagne actuelle, quelle politique et quelles mesures concrètes vous engagez-vous à mettre en place à court terme et à moyen terme pour inciter et aider les Français à abandonner leur voiture et à se mettre au vélo dans leurs activités journalières?
Parmi les mesures possibles, on peut imaginer des plus extrêmes telles que
Ø l’interdiction de toutes les voitures dans les centres ville,
Ø l’augmentation sensible des contraintes financières sur les voitures en ville (péages, amendes élevées en cas d’infraction…)
aux plus douces telles que
Ø une prime à l’achat d’un vélo ou un bonus fiscal en cas d’utilisation d’un mode régulier de transport respectant la ville
en passant par une véritable politique du « se transporter autrement en ville »
Ø en contraignant les villes par la loi à mettre en œuvre des infrastructures adaptées,
Ø en déclarant l’utilisation de la bicyclette cause de santé publique,
Ø en promouvant l’usage de la bicyclette partout où cela peut apporter un plus,
Ø en commençant, pourquoi pas, vous même par donner l’exemple.
A quand un Président de la France, dynamique et en bonne santé … à vélo ?
Merci du temps passé à me répondre et bon courage à tous.
M. le 27 mars 2007
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Grosse frayeur
Bonjour,
Je vais vous raconter la peur bleue qui m’est arrivée la semaine dernière lorsque j’ai découvert que …
Mais d’abord laissez-moi me présenter : je m’appelle Albert Camus. Je ne sais pas très bien pourquoi on m’a baptisé ainsi mais si j’ai bien compris c’était le nom d’un célèbre homme qui avait des tas d’idées qu’il écrivait dans des livres. C’est drôle de nous donner des noms d’hommes célèbres comme cela mais c’est ainsi.
Je vis depuis toujours au bord de la rivière et m’entends plutôt bien avec elle, même si nous n’avons pas les mêmes centres d’intérêts et si de temps en temps elle sort de son lit et vient me lécher les pieds. Je ne me suis pas toujours appelée ainsi, et il n’y a pas si longtemps encore j’étais connue sous le nom de Gué aux Roseaux. Moi je trouve ça plus joli mais il est vrai aussi que des roseaux il n’y en a plus depuis bien longtemps, ni de gué non plus d’ailleurs, et c’était bien avant encore, quand ils ont construit le pont.
Bref, je suis Albert Camus et le resterai jusqu’à ce qu’ils décident de me changer encore de nom.
Mais ce n’est pas de là qu’est venue ma frayeur.
En fait j’étais même plutôt contente de moi il y a quelques semaines quand je les ai vu arriver avec leurs camions et leurs pelleteuses, j’ai rapidement compris que j’avais le droit à un petit lifting et à une nouvelle robe. Il faut dire aussi que je commençais à en avoir besoin. Autrefois, au début de ma vie, toutes ces finitions n’existaient pas et je n’étais faite que de sable et de cailloux qui se transformaient en boue quand il pleuvait ou que la rivière faisait des siennes. Et alors, quelques brouettes de cailloux suffisaient à me refaire une santé. Ça ne durait pas bien longtemps mais c’était tout ce qu’on m’offrait.
Puis est venu le temps du bitume et là tout a changé. D’abord, la rivière sort de moins en moins souvent de son lit et donc me crée de moins en moins de soucis. Il parait qu’elle « est canalisée en aval » c’est ce que j’ai entendu quand ils sont venus faire le discours pour me changer de nom. J’ai pas tout compris mais en tout cas depuis ça va mieux de ce côté là. Et puis ce bitume, même si ce n’est pas très agréable côté odeur quand ils me le mettent sur le dos, est quand même beaucoup plus agréable pour les hommes qui m’utilisent. Juste un p’tit reproche : maintenant avec le bitume, je suis devenue imperméable et donc l’eau ne m’irrigue plus et il a fallu me barder de tuyaux pour écouler les eaux de la pluie et pour passer les tuyaux ils ont dû me parcourir de profondes tranchées et là, je peux vous dire que je ne suis plus à la fête. Ça fait mal. Mais souvent ça ne dure pas longtemps donc il suffit de prendre son mal en patience.
Enfin, bref, je m’égare.
Donc nous en étions là avec les camions et les pelleteuses qui sont arrivées et m’ont refait une beauté. Ils ont retiré le vieux bitume sur toute ma longueur et cette fois sans creuser trop profond, et l’ont remplacé par un tout neuf, tout noir et tout propre. Même mes copains les trottoirs ont été refaits de neuf. Eux ont eu le droit à des petits pavés roses et bleus. Ce qui va bien avec mon noir.
Puis sont arrivés les peintres avec leur drôle de machine. D’habitude, ils se contentent de me faire une jolie ligne blanche au milieu avec une drôle de machine mais là en plus ils ont recommencé au début en rajoutant une ligne de pointillés de chaque côté. Et c’est là que j’ai vraiment eu peur. Il faut dire que dernièrement il m’était tombé dessus un papier que les hommes appellent publicité et qui proposait de « découper le talon suivant le pointillé et de renvoyer le bon à l’aide de l’enveloppe jointe » ! et surtout montrait une affreuse grosse paire de ciseaux en train de découper le bon suivant le pointillé. Au secours, ces pointillés c’est pour me découper et me mettre dans l’enveloppe.
Je ne vous raconte pas la nuit que j’ai passé !
Mes deux bandes de chaque côté n’ont pas arrêté de pleurer en disant qu’elles ne voulaient pas être séparées du reste de la rue. Que c’était pas juste. Qu’on venait juste de nous mettre ensemble et qu’on résisterait, qu’ils ne pouvaient pas faire ça Etc.. etc…
Enfin bon, on était tous très inquiets le lendemain matin quand ils sont revenus avec leurs machines, mais on a été vite rassurés car pas de gros ciseaux en vue mais plutôt leur machine à peinture, et ils ont recommencé à faire des petits dessins ma foi que je trouve plutôt jolis , tout le long des deux bandes des côtés. Ouf, il semble que nous soyons sauvés ! Quel soulagement pour tous.
Et voilà, maintenant ça va mieux. On a bien compris que personne ne voulait nous séparer et que nous serons encore longtemps ensemble.
Tout irait donc très bien si un peu de jalousie ne s’était installée entre les deux bandes de côté et le reste de la rue car en fait ces deux bandes sont réservées aux petits vélos et il faut dire que pour la rue c’est bien plus agréable de supporter des vélos que ces grosses voitures qui nous écrasent à chaque passage, et encore je ne parle pas des camions qui à chaque fois nous cassent les reins, heureusement que nous habitons en ville et qu’il y a moins de camions mais j’ai un cousin qui traverse la campagne et qui n’est pas à la fête tous les jours de ce côté là. Chacun sa misère pas vrai ?
Mais surtout, ce qui est horrible avec les voitures ce sont les odeurs. Le truc qui les fait avancer là, c’est la cata. Et le pire c’est que de temps en temps, ça pleure un peu par en dessous et je peux vous dire que leurs larmes quand ça vous tombe dessus, c’est tout gras, ça pue littéralement, ça rentre entre mes pores et c’est quasiment impossible à nettoyer. C’est noir et ça colle partout.
Bref, les deux côtés rigolent un peu et se moquent du passage des voitures sur mon centre. Sans compter que avec les beaux jours qui arrivent, les petites jeunes filles ont des robes de plus en plus courtes, et là les deux côtés sont aux anges.
Donc vous qui utilisez votre voiture ou votre camion, pensez un peu à nous les pauvres rues que vous écrasez et pensez de temps en temps à prendre votre vélo surtout si vous êtes jeunes et en mini jupe !
Et vous les cyclistes, si d’aventure quelque voiture vient à se poser sur votre piste, avant de trop pester contre cet intrus qui vous force à un écart, pensez que c’est peut-être votre piste qui l’a mise là pour faire un peu profiter de votre passage le centre de la rue qui ne voit que camions et voitures, surtout si vous êtes une jeune cycliste en mini jupe !