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bibliothèques

  • Premier congrès des bibliothécaires à vélo

    Voilà : je me lance dans un projet qui paraitra un peu fou à certains mais je ne pouvais pas passer à côté du premier congrès des bibliothécaires à vélo. En effet, deux bibliothécaires cyclistes finlandais ont lancé l'idée l'été dernier d'organiser un congrès de bibliothécaires à vélo!

    Je vois bien la tête de certains collègues quand j'évoque l'idée : ils se demandent comment un tel événement peut s'organiser et à quoi ça peut servir. L'idée de passer une partie de leurs vacances à pédaler avec d'autres bibliothécaires leur parait certainement un peu saugrenue. Personnellement, cette idée me convient mieux que de passer mes vacances allongée sur une plage le nez dans un bouquin. Ce qu'il en sortira? Pour l'instant, je ne sais pas trop, mais peut-être tout autant d'idées et de contacts qu'un colloque plus académique.

    De plus, ce congrès itinérant emprunte un parcours très sympa, la route à vélo de Copenhague à Berlin, soit 600 kms. Comme j'ai l'intention d'y participer, je suis intéressée par tout contact avec des bibliothécaires français ayant le même projet ou des associations de professionnels prêtes à soutenir ce projet (ABF, ADBU, ADBS, ADBDP, ADBGV ...). N'oubliez pas que le projet sera médiatisé sur internet, dans les réseaux sociaux et par la réalisation d'un documentaire.

    L'essentiel se trouve sur le site "Cycling for Libraries". Je relaierai ici les informations intéressantes. Pour commencer, voici une traduction de la note présentant le projet, note datée du 28 août 2010.

     

    Lancement du premier congrès international à vélo pour bibliothécaires et amoureux des bibliothèques – Bibliothécaires en route pour 2011!

     Traduction du message paru sur le site de Cycling for Libraries

    Kai Halttunen, DSocSci, professeur de sciences de l'information à Tampere, en Finlande

    Salut, je suis Kai, amoureux de la bicyclette et enseignant des Sciences de l'information à Tampere, en Finlande. Je voudrais vous inviter vous et vos collègues bibliothécaires à participer à un voyage à vélo différent et passionnant de Copenhague à Berlin au printemps-été 2011 – Tous à Vélo pour les bibliothèques! Avec une équipe enthousiaste de bibliothécaires passionné(e)s, nous allons organiser ce périple soutenu par les associations de bibliothécaires et par des collaborateurs de différents pays et je suis sûr que cela sera une expérience inoubliable pour vous tous qui aimez le vélo, les rassemblements, les échanges passionnés et visionnaires à propos des bibliothèques.

    Notre objectif est aussi d'apporter aux bibliothèques, aux personnels fortement impliqués et au travail qu'effectuent tous les bibliothécaires plus de publicité et de médiatisation. Nous voulons rendre cet événement public grâce à Internet, aux réseaux sociaux et à la réalisation d'un documentaire sur la mise en oeuvre de ce défi de 650 km à vélo.

    Nous savons tous que les bonnes idées naissent dans les cafés et les couloirs et non pas tant sur les bancs des amphithéâtres ni là où elles devraient naitre. C'est pourquoi nous nous lançons dans cette opération audacieuse de pédaler ensemble environ 10 jours - pour voir à quel genre de performances spectaculaires le personnel des bibliothèques peut parvenir par ses propres moyens. C'est un défi pour vous, et j'espère que vous l'accepterez. Tous à vélo pour les bibliothèques! La participation est ouverte à tous les bibliothécaires et à tous ceux qui s'intéressent au domaine des bibliothèques. Restez informés en suivant le site Cycling for Libraries ou la page Facebook.

    Kai Halttunen, Université de Tampere / Département d'études de l'information et des médias interactifs (INFIM), Finlande

  • Une bibliographie vélo

    La librairie Mollat de Bordeaux s'associe à l'association Vélophonie pour promouvoir et défendre la culture vélo francophone. Autour du vélo, la librairie propose dès maintenant une sélection bibliographique : récits de voyage, littérature, guides pratiques...

     

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  • Cycliste et documentaliste

    Pour les bibliothécaires ou documentalistes qui passent sur ce blog et je sais qu'il y en a quelques un(e)s qui viennent très régulièrement:) voici une offre d'emploi qui pourrait vous intéresser.

    L'association "Pignon sur rue" recrute un(e) documentaliste : rappelons que l'association fait la promotion des déplacements à vélo et des déplacements doux. La mission de la personne recrutée sera de développer un portail documentaire de portée nationale. Compétences requises : tout ce qui touche à l'informatique documentaire. Un intérêt minimum pour le vélo est bienvenu mais l'annonce ne précise pas si le véhicule de fonction est fourni (un vélo bien sûr). Le poste est basé à Lyon.

    Aux personnes bien intentionnées qui m'ont fait suivre l'annonce, je précise que bien que le poste me paraisse très intéressant, je n'ai pas l'intention de postuler pour occuper mes longues soirées à venir (2009-2010) alors que je serai en formation à l'ENSSIB de Lyon.

     

    Consulter l'offre d'emploi sur Pignon sur Rue

    Consulter le site de Pignon sur Rue

    Consulter le catalogue de Pignon sur Rue (PMB)

  • Marque-pages

    Les lecteurs qui retournent des livres à la bibliothèque nous laissent parfois des marque-pages qui font le bonheur des bibliothécaires chartasignopaginophiles.

    Parfois, le lecteur, à défaut de marque-pages, glisse dans le livre le premier objet qui lui tombe sous la main. Ainsi, on trouve dans les livres des tickets de métro, de bus, de trains, des lettres, et plus rare mais véridique une carte bancaire ou de l'argent... voir le blog de Nekita qui en a parlé.

    Un lecteur de la BU a oublié cette pancarte dans un manuel de droit. Peut-être après avoir potassé pendant quelques heures son cours de droit civil, en a-t-il déduit que le mieux était encore de prévenir. On ne sait pas s'il a toujours son vélo à l'œil, en tout cas, la pancarte est à la BU. Elle a rejoint les lettres oubliées, les cartes postales, les factures, les attestations, les feuilles d'impôts,.... oubliés un jour dans un livre de bibliothèque.


  • Le culte de l'amateur



    Le livre que je lis en ce moment est intéressant à l'heure où l'on parle de la responsabilité éditoriale de Wikimédia.
    L'auteur de ce livre, Andrew Keen fait entendre une voix à contre-courant qui dénonce l'amateurisme des internautes contribuant à diffuser une information peu vérifiable sur les blogs, les wikis, etc ...

    D'après l'auteur, le niveau de création sur YouTube par exemple est affligeant. Pire, les professionnels de la création littéraire, artistique, cinématographique ne peuvent plus se faire connaitre au milieu de la cacophonie engendrée grâce aux outils du web 2.0

    Qu'est devenu le web? un gigantesque dortoir où des internautes en pyjama écrivent n'importe quoi sans se soucier de vérifier leurs sources. Des singes ne feraient pas pire. Alors là c'est vrai, je suis en pyjama (parce que je ne bloggue pas sur mon lieu de travail), mais je suis une vraie personne et je ne revendique pas du tout le titre de journaliste. Celui qui veut me lire .. me lit, et celui qui préfère lire le Monde ... lit le Monde.

    D'ailleurs, je rends aux experts ce qui leur revient, j'ai découvert ce livre grâce :

    à Pierre de Gasquet : "Le culte du blog et l'angoisse des experts", Les Echos, 12-09-2007, p. 14
    et Bertrand Le Gendre : "Internet ou le culte de l'à-peu-près", Le Monde, 12-09-2007

    Pour vérifier mes sources, vous n'avez plus qu'à vous rendre dans votre bibliothèque préférée, demander s'ils sont abonnés au Monde ou aux Echos, demander s'ils ont conservé les numéros en question, ou mieux leur demander s'ils ont acheté la version en ligne des Echos ou du Monde. Et aussi, leur suggérer d'acheter : "The cult of amateur" si vous avez envie de le lire. Parce que si jamais, le livre ne répond pas à vos questions, vous aurez perdu 19,67 euros.

    Enfin, Andrew Keen cite Al Saracevic, du San Francisco chronicle :
    "In America, bloggers don't go to jail for their work, that's the difference between professionals and amateurs." C'est-ce qui fait la différence entre un journaliste professionnel et un amateur? Ouf, je suis sauvée, je peux aller travailler (à vélo) dans la vraie vie.

  • "C'était bien XML?"

    Je viens de passer 3 jours à Lyon, non pas pour une étude sur les pistes cyclables et le Vélo’v dont tout le monde parle, mais pour une formation sur XML. A mon retour, je croise Huguette dans les couloirs (mais que faisait-elle dans les couloirs de la bibliothèque à 8h30 ?) qui me demande d’un air complice et plein de sous-entendus "Alors, c’était bien XML?"
    Alors là je m’étrangle, qu’est-ce qu’elle imagine au sujet d’XML? Un truc un peu mystérieux, une gymnastique d’un genre nouveau? Tout ça parce qu’elle a entendu dire qu’XML est extensible et d’une grande souplesse?
    Et bien, chère Huguette, vous faites complètement fausse route : XML c’est juste un langage informatique à balises.
    Pourquoi on devrait s’y intéresser nous les bibliothécaires alors qu’on a déjà un langage de structuration des données, grâce à la famille MARC, une famille nombreuse dont je vous ai déjà parlé Huguette. La famille MARC fonctionne parfaitement mais malgré tout le bien que j'en pense, cette famille montre certaines limites; le casse-tête aujourd’hui c’est de décrire avec la famille MARC des documents qui ne sont pas prévus pour : des fonds d’archives, des thèses électroniques, des articles en ligne, etc… Or XML est un langage à balises qui pourrait s’y prêter beaucoup mieux.
    Comment vous ne savez pas ce qu’est une balise ? mais vous en croisez tous les jours sur votre route. Prenons un panneau de limitation de vitesse en ville à 30. Tout le monde sait que le panneau signifie : à partir de cet endroit, la vitesse est limitée à 30 km/h, sauf quelques abrutis qui continuent à appuyer sur la pédale exprès pour faire peur aux vieilles dames et aux vélos mais ça c’est une autre histoire. Et lorsqu’arrive le panneau /30 : l’automobiliste comprend que la limitation est levée. A défaut de panneau, il est condamné à se traîner à 30 km/h et à se faire klaxonner par tout le monde.

    Les balises en langage informatique, c’est un peu la même idée : dès qu’apparaît une balise, le navigateur qui est chargé d’afficher la page web l’interprète comme une indication de mise en forme ou de contenu. Exemple tout ce qui suit sera en caractère gras : comment ça vous ne voyez pas les balises ?

    Ah, j’oubliais les balises sont masquées pour l’internaute (à la différence des panneaux de signalisation qui eux sont bien visibles, encore que parfois on a des doutes). Si vous voulez voir des balises, chère Huguette, veuillez utiliser le raccourci clavier ctrl U, normalement vous devriez en voir des balises. Et n'oubliez pas de fermer la fenêtre après.

    Donc je peux placer un panneau (appelé balise) au début d’une phrase et je n’oublie pas de placer un panneau fin (une balise fermante) en fin de phrase , ainsi j’indique la forme que je veux donner à mon texte.

    Certains panneaux routiers indiquent la nature d’une voie : ceci est une piste cyclable et surtout pas une aire de stationnement minute. Toute la subtilité d’XML tient dans cette possibilité de poser des panneaux très explicites tout le long d’un texte non plus pour une simple mise en forme (le texte est en rouge) mais pour indiquer une fonction particulière. Par exemple : le texte qui figure entre les 2 balises est un TITRE. Et ces indications sont très précieuses pour les professionnels de l’information qui souhaitent pouvoir les exploiter.

    Bon, alors finalement, oui chère Huguette, c’était bien XML, ça m’a vraiment passionné et je ne regrette pas mon voyage à Lyon et les longues heures passées dans le TGV.

    PS : Cet article ne dévoile rien sur XML (évidemment), mais vous pouvez vous instruire en lisant ceci:
    wikipédia - xml
    introduction à xml
    tout savoir sur xml

  • lacets de chaussure et flans

    Le journal des créations Rameau est sorti. Pour les non-initiés (ceux qui ne travaillent pas dans une bibliothèque), Rameau est une liste de mots tout prêts à l’emploi, liste destinée aux bibliothécaires qui doivent coller des étiquettes (tags ou indexation pour faire pro) dans les catalogues de bibliothèques. Pas de fantaisie avec Rameau, cette liste est rigoureusement contrôlée et mise à jour par des experts, tout le contraire de la folksonomie. 917cf1c171e58c34a0571578b7d14034.jpg
    Exemple :
    En rameau, pour un documentaire sur le vélo électrique, on étiquette Bicyclettes électriques , un point c’est tout. Pourtant, je suis prête à parier que la majorité des cyclistes parlent de vélos électriques. D’ailleurs, une requête google donne 979 pages pour "bicyclettes électriques" et 98400 pour "vélos électriques".


    Donc, dans la dernière livraison du journal des créations Rameau, vélos couchés, a fait son apparition entre vanilline et verrines (gastronomie). Pourquoi on a retenu vélos couchés ici et bicyclettes électriques par ailleurs ? C’est une nuance qui m’échappe un peu, mais si les experts ont validé, il doit y avoir une bonne raison.

    Vous frémissez d’impatience et vous voulez savoir comment on fait son entrée dans la liste Rameau ?
    Et bien, c’est simple, un professionnel a en main un documentaire dont le sujet est le vélo couché : comme il ne dispose d’aucun tag approprié pour coller dans son catalogue, il fait une proposition au centre national Rameau qui valide (ou pas).

    Suivez mon raisonnement, il faut donc disposer d’un document pour lequel aucun mot valide n’existe déjà dans Rameau. Par exemple, cyclistes urbains n’existe pas dans Rameau, parce que jamais aucun professionnel n’a eu besoin de coller une étiquette cyclistes urbains dans son catalogue, et pourtant des cyclistes urbains, il y en a de plus en plus à Paris, à Lyon et même à Poitiers.

    Il faudra donc attendre … disons … 2080 qu’un chercheur publie une thèse de 600 pages dont le titre serait : "Le centenaire de la vélorution française" ce qui permettrait de coller une étiquette style Cyclistes urbains --France -- 21e siècle-- Thèses et écrits académiques. Pas belle mon étiquette ? Comment ça plus personne ne s’intéressera aux cyclistes urbains en 2080 ?

    En fait ce billet n'est qu'une entrée en matière pour dire que je m’interroge sur les termes suivants : pongistes, lacets de chaussure, flans, pâte à choux qui sont entrés en 2007 dans Rameau, donc pour un colleur d'étiquettes qui en avait besoin.
    Je suis perplexe...
    Une seule explication possible : je connais un pongiste qui a toujours des problèmes avec ses lacets de chaussure et qui aime le flan et la pâte à choux. Aurait-il publié son autobiographie ?

  • La bibliothécaire à vélo

    ee3ed56b894dac57a966affc41768575.jpg Pour tous ceux qui croient encore que la bibliothécaire est une vieille dame qui porte des lunettes, un chignon et une jupe grise, voici un démenti formel :

    OUI, la bibliothécaire est jeune, jolie et sportive et elle fait du vélo (le bibliothécaire aussi parfois mais c'est plus rare).

  • Cyclo-lectures

    Le cyclo-lecteur, Jean-Pierre Brèthes proposera une lecture à la bibliothèque universitaire de Poitiers :

    vendredi 14 mai à 18h00



    Par ailleurs, Jean-Pierre a ouvert son blog de cyclo-lecteur : il y raconte sa première étape à Saint Jean d'Angély, itinéraire à suivre ...

  • Visite chez Europeana

    Chère Huguette,

    Ce week-end, je vous invite à découvrir Europeana. Vous allez me dire : encore une nouvelle chaîne de magasins comme Ikéa ou Conforama, mais pas du tout.

    Europeana, c’est un peu comme le portage de livres à domicile, mais sur votre ordinateur (ou celui de la Pension des Violettes) et sans la visite de Mme G., la bénévole de la bibliothèque qui passe avec son chariot (voir votre commentaire du 15 novembre 2006)
    Une très grande bibliothèque où l’on peut se promener, feuilleter des livres, mais attention des livres dont les auteurs sont tous morts depuis au moins 70 ans (une histoire de droits d’auteur).
    Enfin, j’ai pensé que ça pouvait vous intéresser de retrouver par exemple : le manuel des dames, ou l'art de l'élégance, sous le rapport de la toilette, des honneurs de la maison, des plaisirs, des occupations agréables / par Mme Celnart ou encore le trésor de la cuisinière et de la maîtresse de maison... et... le dictionnaire complet de cuisine, de pâtisserie et d'office / par A.-B. de Périgord.

    Savez-vous que les américains ont copié la même chose en beaucoup plus grand, une gigantesque bibliothèque qui s’appelle Google Book. Je m’y perds toujours un peu et je trouve leur service pas très fair-play. En effet, je m’installe tranquillement, je commence une lecture passionnante, je tourne la page, et surprise un message me fait comprendre que pour lire la suite, je dois acheter le livre. Vous connaissez beaucoup de bibliothèques qui prêtent des livres avec des pages manquantes ?

    Avec Europeana, pas de surprise de ce genre. Sans doute les éditeurs ne se précipitent-ils pas pour rééditer les manuels de politesse du XIXe siècle. Et puis, leur service est vraiment très efficace, rapide et plein de petites attentions pour les lecteurs : une loupe pour les mal-voyants, des marque-pages pour se souvenir des passages intéressants (où l’on peut s'exercer aux folksonomies), des pense-bêtes qu’on peut ouvrir, déplacer, consulter… et même une boite aux lettres …

    Etant donné mon intérêt pour la bicyclette, j’ai fait quelques recherches dans cette nouvelle bibliothèque. Tiens, j’ai trouvé ce petit extrait dans le Journal des Goncourt : mémoires de la vie littéraire, 1896

    Dimanche 3 décembre. Chez Plon, on disait ces jours-ci, que la bicyclette tuait la vente des livres, d'abord avec le prix d'achat de la manivelle, puis avec la prise de temps, que cette équitation obtient des gens, et qui ne leur laisse plus d'heures pour lire.

    Pour en savoir plus sur Europeana, on peut lire en ligne :
    Europeana, le projet de bibliothèque numérique européenne face à Google, une émission de France Culture, Tinhinane, février 2007
    Les entretiens de la BnF, Marlène's corner, novembre 2006
    Europeana contre Google Livres : le comparatif, Benjamin Ferran, 22 mars 2007

  • Folksonomie

    J'ai rencontré Huguette de Lambrerie née Bernière de la Jolly alors que je revenais d'une formation professionnelle intitulée "folksonomies". Elle a cru mal entendre, m'a fait répéter, (vous avez essayé de prononcer folksonomie quand vous êtes enrhumée?) puis un peu intriguée m'a demandé de lui expliquer simplement la signification de ce terme étrange.
    Donc, chère Huguette, voici quelques pistes de réflexion au sujet des folksonomies. La folksonomie c'est l'art de coller des étiquettes. Mais attention, pas n'importe comment. Par exemple, lorsque vous dites "Cette punaise de Madame Gaspard", vous commencez à faire de la folksonomie. En revanche, Plume qui pratique l'art délicat de la peinture patate alliée au collage de gommettes dans une perspective artistique rare, là ce n'est plus de la folksonomie, c'est peut-être de l'art...
    Depuis toujours, les gens font de la folksonomie sans le savoir. Ranger ses photos dans des boites à chaussures avec des étiquettes par sujet, classer ses factures, créer un index pour ses recettes de cuisine… medium_folksonomies.2.JPGAujourd'hui, rien n'a changé, les gens (folks) ont pris l'habitude de coller des étiquettes (des tags disent-ils parce que ça fait initié) pour tout ce qu'ils entreposent sur le web. Ce qui a changé, c'est le vocabulaire : les boîtes à chaussures pour ranger les photos s'appellent Flickr, les journaux intimes s'appellent blogs et les listes de bonnes adresses s'appellent del.icio.us, etc…
    L'intérêt de ces étiquettes, c'est de pouvoir retrouver facilement ce qu'on a rangé sur le web, ses photos, ses petites notes, ses adresses, mais aussi de les faire partager à plein d'autres personnes (folksonomie) qui auraient les mêmes centres d'intérêts. Pour ce blog : vélo, voyage à vélo, cyclocamping, vélo urbain sont des étiquettes (des tags) qui parfois accrochent des gens de passage (sérendipité : trouver quelque chose d'intéressant de façon imprévue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier).
    Pas mal, mais avec parfois de petits inconvénients. Cet été, nous avons fait un voyage à vélo au Pays-Bas. J'ai étiqueté toutes mes notes "Hollande". Bon je n'ai pas beaucoup réfléchi sur le coup, mais quand j'ai retrouvé mes notes au même plan que d'autres notes dont le sujet était disons, plutôt politique, ça m'a fait rigoler. C'est qu'en folksonomie, il n'y a pas vraiment de règles, ni de syntaxe, pas de dictionnaire ni de grammaire.
    Vous allez me dire : pourquoi une formation pour apprendre à coller des étiquettes? Surtout au regard d'une pratique où chacun fait ce qu'il veut. Disons que l'on touche à un point sensible pour les professionnels de la documentation. Inquiétude devant le succès d'une pratique qu'ils exercent eux depuis longtemps, mais de façon structurée sous le terme d'indexation avec des vocabulaires contrôlés, des thésaurus etc…Donc besoin de réfléchir à ces pratiques d'amateurs : sont-elles concurrentes ou complémentaires des pratiques professionnelles? Est-il souhaitable de proposer aux usagers des bibliothèques, la possibilité de coller des étiquettes sur des ressources déjà indexées par des professionnels (par exemple les catalogues informatisés)?
    Chère Huguette, si votre curiosité vous pousse à en savoir plus (et pour ceux qui se sont égarés ici parce que j'avais étiqueté ma note d'aujourd'hui folksonomie), voici une liste de liens professionnels :

    Office québécois de la langue française. Le grand dictionnaire terminologique
    Folksonomie, Wikipédia
    SERRES, Alexandre. Introduction à l'indexation, URFIST Bretagne-Pays de Loire, 2006
    LE DEUFF, Olivier. Folksonomies : les usagers indexent le web, BBF 2006, n° 4
    ERTZSCHEID, Olivier. Folksonomies : la communauté comme indexeur, Affordance, 2006

  • Cyclo-lecteur

    Quand vélo rime avec littérature


    Quand un bibliothécaire part à la retraite et veut faire partager son goût de la littérature, ça donne un cyclo-lecteur. Si vous souhaitez recevoir un cyclo-lecteur dans la région sud-ouest pour une animation-lecture d'une durée d'environ une heure, allez voir le site de Jean-Pierre Brèthes et n'hésitez pas à le contacter avant le printemps 2007.

    Un autre bibliothécaire part à la retraite, lui il écrit, mais peut-être fait-il aussi du vélo?

    ""Le fond de l'air" Y aurait-il donc un haut de l'air? En tout cas, le fond de l'air ne s'explore pas en descendant, mais simplement en sortant de chez soi. Plus on ira vite (course à pied, vélo, moto...), plus on touchera le fond de l'air (généralement "frais"). Et plus on devra empiler des vêtements chauds pour s'en séparer. (Les véhicules sans contact direct du corps avec l'espace, autos, avions, etc. ne comptent pas)... Bref, lumière et chaleur ne s'accordent pas. Il peut faire beau et froid, gris et chaud. Il n'y a pas de fond des choses."

    Jean-Claude Martin. Ciels de miel et d'ortie. Ed. Tarabuste : 2006.

  • Terminologie

    Je reviens d'une réunion de bibliothécaires qui s'est tenue à Montpellier.
    J'y ai appris, bien que ce ne soit pas exactement le sujet de la réunion, que la CSTIC (Commission Spécialisée de Terminologie et de Néologie de l'Informatique et des Composants Electroniques) a décidé d'une traduction pour le mot "blog", on dira "bloc-notes" en français.
    Exemple : "Avez-vous lu mon blog Vocivélo?" se dit désormais "Avez-vous lu mon bloc-notes Vocivélo?"

    Je ne veux pas leur faire de peine à la CSTIC, mais franchement le combat me paraît perdu d'avance. L'usage du mot blog et tous ses dérivés est déjà tellement répandu chez les éditeurs, les professionnels et les usagers, que je vois mal comment faire adopter un terme qui prête à confusion, qui n'évoque absolument pas le mo(n)de virtuel et qui est même un peu daté. A part me faire penser au bloc-notes Clairefontaine®, je ne vois rien d'autre.

    Tiens en 1975 je me souviens : j'étais étudiante dans une école de commerce (je m'étais égarée), on étudiait le marketing alors que le néologisme "mercatique" avait fait son apparition en France depuis 1973. Terme officialisé en 1987, mais dont l'usage ne s'est pas vraiment généralisé aujourd'hui. Voir à ce sujet, l'article du Dico du Net

    Pire, les professionnels du livre et des bibliothèques, (univers dans lequel je me suis également égarée récemment ) entretient un référentiel d'indexation. Cherchez et vous trouverez :
    Marketing (terme retenu)
    Employé pour :
    Action commerciale, Marchéage, Mercatique (terme rejeté), Stratégie commerciale

    Blogs (terme retenu)
    Employé pour : Blogues, Blog-notes, Carnets virtuels, Carnets Web, Cyberjournaux, Jouebs, Journaux intimes sur Internet...

    Alors combat perdu d'avance? Est-ce que ça en vaut vraiment le coup?

    Si vous voulez soutenir la cause du français, ne dites plus podcast, peer to peer, spam et consultez de toute urgence : le vocabulaire des techniques de l'information (139 pages en PDF).

    Et pour conclure, un terme qui a échappé à la commission spécialisée de terminologie et de néologie dans les domaines du sport, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative :
    By-pass : dispositif (en général des bornes...) permettant aux cyclistes de passer mais pas aux automobilistes. Source : Glossaire du cycliste urbain sur le site de la Fubicy.

  • Biciclette

    Oui vous avez bien lu : biciclette. Voici l'histoire : j'étais à Paris mercredi et j'en ai profité pour aller chez un grand libraire du boulevard Saint-Michel. Je voulais acheter pour Michel un livre dont le titre est "On est amoureux qu'à bicyclette". Je demande mon livre à un charmant jeune homme qui se trouvait là pour renseigner le client, il fronce les sourcils : "Vous voulez ÇA?" moi, un peu gênée comme si j'avais demandé un livre défendu : "Ben oui" lui : "Bon je vais voir".
    Ecran d'ordinateur et il tape "amoureux biciclette" oh la la, je me dis qu'il va rien trouver mais je n'ose pas lui faire remarquer son énorme faute d'orthographe. Je fais comme si tout était normal. Comme je suis bibliothécaire dans la vraie vie, je regarde quand même très intéressée par ce qui va se passer. Et là, MIRACLE : un résultat, mon bouquin avec la bonne orthographe. Un coup d'oeil discret me permet de vérifier qu'il a coché la case "recherche phonétique", j'aurais du y penser. Un autre coup d'oeil me permet de voir le sous-titre : journal d'un Tour de France. Finalement, je ne suis plus très sûre de le vouloir ce bouquin. Seul le titre me plaisait. Heureusement, le charmant jeune homme me dit : "On a ÇA nulle part" comprendre aucun des nombreux magasins Gibert Jeune du boulevard Saint Michel ne vend ce genre d'articles.



    On est amoureux qu'à biciclette